TVA et activité physique : une contrainte administrative… sans bénéfice pour le centre, et avec un impact réel pour la santé publique
- Jean-Luc Van Cappel
- il y a 1 jour
- 4 min de lecture
À partir de mars 2026, nous devrons adapter une partie de nos tarifs suite à une évolution de TVA communiquée via un avis contraignant. Nous tenons à expliquer clairement ce que cela signifie, pourquoi cela génère du travail supplémentaire, et surtout pourquoi nous regrettons cette décision pour un secteur qui joue un rôle direct dans la prévention santé.
1) Une réalité simple : plus de complexité, pas plus de “gain” pour le centre
Quand la TVA augmente, l’idée intuitive est souvent : “le centre augmente ses prix, donc il gagne plus.”
En pratique, la TVA n’est pas une marge. C’est un impôt collecté pour être reversé.
Concrètement :
la part TVA incluse dans un prix est versée à l’État ;
le centre, lui, doit gérer l’application correcte du taux, les libellés, les paramétrages, les mises à jour de contrats, la facturation, les cas particuliers, et l’information des membres.
Cette évolution entraîne donc :
plus de travail administratif (mise à jour des systèmes, suivi, gestion des exceptions, cohérence des documents),
plus de risques d’erreurs si l’on ne sécurise pas les procédures,
plus de temps consacré à la conformité plutôt qu’à l’accompagnement.
Et au final : le centre ne “gagnera” pas plus. L’effort supplémentaire est réel, mais la hausse de TVA, elle, est un flux fiscal.
2) Pourquoi nous déplorons cette décision : l’activité physique n’est pas un luxe
Nous sommes un centre orienté santé et prévention. À ce titre, nous sommes au contact quotidien des réalités suivantes :
personnes qui reprennent une activité après une période sédentaire,
personnes à risque cardio-métabolique,
adultes qui veulent prévenir la douleur, préserver la mobilité, retrouver de l’énergie,
seniors qui maintiennent leur autonomie,
actifs sous stress qui cherchent un équilibre durable.
L’activité physique encadrée, régulière, accessible, est un pilier de la prévention. La rendre plus coûteuse, plus complexe, ou plus difficile à “maintenir” dans le budget des ménages, crée mécaniquement un risque : l’abandon, l’irrégularité, ou le report à “plus tard”. Et en prévention, “plus tard” coûte souvent plus cher.
3) Prévention et économie : ce que dit la santé publique (et pourquoi c’est important)
Les institutions et la littérature scientifique sont très claires sur un point : l’inactivité physique pèse lourd sur la santé et sur les budgets publics.
Quelques repères solides :
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que le coût de l’inactivité physique pour les systèmes de santé publics, sur la période 2020–2030, est d’environ 300 milliards USD si les niveaux d’inactivité ne diminuent pas (soit environ 27 milliards USD par an).
Une analyse publiée (Santos et al.) estime que le “coût de l’inaction” face à l’inactivité physique atteindrait environ 47,6 milliards par an au niveau mondial.
Une revue systématique (Duijvestijn et al.) conclut que l’inactivité physique est associée à des coûts de santé plus élevés à court terme dans la population générale (avec des nuances méthodologiques sur l’analyse de long terme).
En Europe, le rapport OCDE / OMS Europe “Step Up!” met en avant l’impact économique et sanitaire de l’insuffisance d’activité physique, et l’intérêt d’investir davantage dans les politiques et dispositifs qui augmentent l’activité.
L’idée n’est pas de transformer ce sujet en débat politique : le constat de santé publique est stable et documenté. Plus une population est active, plus elle est résiliente, et plus elle limite la progression de pathologies qui mobilisent des soins coûteux et longs.
4) Une pression contre-productive sur un secteur “solution”
Le paradoxe, c’est qu’on parle ici d’un secteur qui contribue à réduire des risques :
maladies chroniques,
douleurs persistantes,
perte d’autonomie,
détresse psychologique,
absentéisme et baisse d’énergie.
Un centre sport-santé n’est pas seulement un lieu d’entraînement : c’est un environnement qui aide à tenir dans la durée grâce à :
de la structure,
des habitudes,
un accompagnement,
une communauté,
et un cadre qui sécurise la progression.
Quand une mesure fiscale augmente les frictions (administratives, financières, contractuelles), elle peut sembler “petite” individuellement, mais elle pèse sur le collectif : elle touche particulièrement celles et ceux qui ont le plus besoin d’un cadre stable pour rester réguliers.
5) Notre approche : limiter l’impact, préserver la cohérence, rester transparents
Face à cette contrainte, notre responsabilité est double : respecter le cadre légal et préserver l’accessibilité au maximum.
Notre ligne de conduite est donc la suivante :
Clarté : des règles compréhensibles, appliquées de manière identique.
Protection de la régularité : maintenir ce qui favorise l’engagement et la continuité.
Maîtrise de la qualité : ne pas compenser par des choix qui dégradent l’encadrement, l’hygiène, la sécurité ou l’expérience.
Réalisme : cadrer certains mécanismes (ex. reports) pour rester viables, justes et gérables dans le temps.
En d’autres termes : nous préférons un système propre, cohérent et tenable, plutôt qu’un système “très flexible” mais qui finit par créer des incompréhensions, des exceptions infinies et une pression injuste sur l’organisation.
6) Ce que nous voulons défendre, malgré tout : une vision positive de la prévention
Nous comprenons que toute évolution de prix suscite des questions. Mais nous voulons rappeler une chose : votre abonnement, votre régularité, votre santé… ce sont des investissements qui produisent des effets réels, souvent invisibles au début, mais très concrets sur l’année.
Dans un monde où les soins curatifs sont sous tension, où les professionnels de santé sont surchargés, et où les parcours de santé sont parfois complexes, l’activité physique encadrée est une réponse simple et puissante : prévenir plutôt que réparer.
Et c’est précisément pour cela que nous restons engagés à :
vous accueillir avec exigence et bienveillance,
vous donner des repères clairs,
faire évoluer le centre sans perdre l’essentiel : l’humain, la cohérence et la santé durable.
Votre équipe B.health®








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